Recruteur Qonto
12/09/2022

Qonto a recruté un Lead Growth Engineer en 2 semaines

Qonto est une entreprise française de services financiers destinée aux entrepreneurs et aux petites entreprises (1er compte pro en ligne). Leur mission est d’aider toutes les PME et les indépendants à préserver leurs ressources les plus précieuses : leur temps, leur énergie et leur ambition. Qonto est né juillet 2017, et depuis l'équipe a atteint de grandes réalisations : leader du marché de la banque en ligne pour les PME en Europe, 250 000 entreprises clientes, +700 talents dans l’équipe et 622 M € levés.

Blogdu recrutement

Dans le private equity, l’investissement n’est qu’un point de départ.
La création de valeur réelle commence après le deal, lorsque la stratégie quitte le papier pour se confronter à la réalité opérationnelle des entreprises.

Très vite, une évidence s’impose : un bon plan ne suffit pas.

La performance dépend avant tout de la capacité des équipes à le porter dans la durée.

C’est précisément dans cet espace, entre ambition stratégique et réalité opérationnelle, que s’inscrit le rôle de l’Operating Partner.

« On est là pour faire avancer la machine. On peut être amené à pousser la voiture quand il y a un peu de surcharge dans les côtes », explique Nicolas Requillart-Jeanson, Operating Partner chez Siparex.

Encore relativement peu connu en France, rarement mis en avant et souvent invisible par nature, le rôle d’Operating Partner est pourtant devenu central dans la structuration des organisations après l’investissement.


Ni consultant, ni manager de transition : un rôle à part

L’Operating Partner n’est ni un consultant en stratégie, ni un manager de transition.

Comme le résume Nicolas Requillart-Jeanson, il ne « commente pas le trajet et ne prend pas le volant à la place du dirigeant ».

Il serait plus juste de le comparer à un sparring partner.

« Quand je parle de sparring partner, c’est ce coach pragmatique et opérationnel qui aide le dirigeant et son équipe à sécuriser la mise en œuvre d’un projet de transformation », souligne-t-il.

Ce positionnement reflète une évolution profonde du métier. 

L’Operating Partner est de plus en plus attendu comme un architecte de l’exécution. Il est  capable d’intervenir dans des contextes très variés : de PME en forte croissance encore peu structurées, à des ETI déjà organisées, voire à des entreprises confrontées à des difficultés conjoncturelles.

Cette diversité impose une adaptation permanente à la maturité de l’entreprise et à son moment de vie.

« Il faut trouver le bon timing. Quand ce n’est pas le moment, ce n’est pas le moment. Si le projet n’est pas porté par l’équipe, il ne créera pas de valeur », rappelle Nicolas Requillart-Jeanson.

Cette posture repose sur un équilibre exigeant entre pragmatisme opérationnel et capacité à challenger positivement les équipes dirigeantes. 


Structurer sans prendre la place : la feuille de route comme levier clé

Après l’investissement, les intentions sont généralement claires : axes stratégiques, ambitions de croissance, objectifs de transformation.

Ce qui l’est beaucoup moins, c’est la manière de les organiser dans le temps. C’est là que la feuille de route devient un outil central du rôle de l’Operating Partner.

« Structurer une feuille de route peut être perçu comme une perte de temps. En réalité, c’est ce qui permet d’accélérer ensuite », explique Nicolas Requillart-Jeanson.

La feuille de route clarifie la trajectoire, hiérarchise les chantiers et distingue l’essentiel de ce qui peut attendre. Elle transforme une ambition stratégique en résultats opérationnels mesurables.

« C’est comme la construction d’une maison. À partir du moment où on a des plans détaillés, on sécurise le risque opérationnel dans la phase de construction ».

L’Operating Partner dessine les plans, mais ne construit pas lui-même la maison.

Cette structuration limite les initiatives dispersées, réduit le risque opérationnel et sécurise l’exécution, notamment dans des phases de croissance rapide, de transformation ou de build-up.


Quand pousser, quand laisser faire : l’enjeu du timing

Le rôle d’architecte de l’exécution se comprend aussi dans l’équilibre relationnel.
L’Operating Partner arbitre en permanence entre deux postures :

  • Push : faire avancer, mettre un sujet critique sur la table
  • Pull : laisser émerger la décision pour qu’elle soit pleinement portée par l’équipe

Une excellente idée, mal introduite ou au mauvais moment, peut devenir contre-productive.
Créer de la valeur suppose un regard profondément humain, fait d’écoute, d’empathie et de discernement.

« Il faut vraiment s’intéresser aux gens, être à l’écoute, discret, et créer une relation de confiance dans la durée. Sans confiance, il n’y a pas de création de valeur possible. »


Renforcer tous les étages : direction et gouvernance

Après l’investissement, le renforcement des équipes dirigeantes et de la gouvernance devient un levier clé de la performance.

« Chez Siparex, on aime bien renforcer tous les étages de la fusée : le comité de direction, mais aussi la gouvernance, conseil d’administration ou comité stratégique, avec des profils capables de challenger les projets et d’apporter une expertise opérationnelle. »

Le rôle de l’Operating Partner est alors d’aider à structurer ces recrutements, sans se substituer aux dirigeants : clarification des périmètres, identification des compétences critiques, alignement entre gouvernance, direction et feuille de route.

Le recrutement devient ainsi un levier de structuration, au service de l’exécution et de la création de valeur dans la durée.


Outiller et démultiplier l’impact grâce au réseau

Pour éviter de réinventer les réponses, les Operating Partners s’appuient sur des outils opérationnels (IA, data, performance commerciale, RH, ESG…), mais aussi, et surtout, sur la force du réseau.

« Mettre en réseau les dirigeants permet de mobiliser une intelligence opérationnelle immédiatement activable. »

Un dirigeant ou un CFO ayant déjà vécu une situation similaire apporte souvent un éclairage plus actionnable qu’un expert externe. C’est cette logique qui se matérialise dans les clubs de décideurs : partage d’expériences, confrontation des pratiques, transfert de solutions concrètes.


Ce que cela change concrètement dans la structuration des équipes

Le rôle des Operating Partners devient véritablement différenciant à trois niveaux :

1. Sur les recrutements

Les recrutements s’inscrivent dans une feuille de route de transformation, et non dans une logique de court terme. Clarifier les priorités et les compétences critiques permet de sécuriser la trajectoire.

2. Sur la gouvernance

Renforcer la gouvernance avec des profils opérationnels améliore la qualité des arbitrages et l’alignement avec la stratégie.

3. Sur la capacité d’exécution

Une organisation lisible — qui décide, qui exécute, sur quelles priorités — réduit la dispersion et transforme l’ambition stratégique en création de valeur durable.


Conclusion : un coach discret de la création de valeur

L’Operating Partner est discret, souvent invisible, mais essentiel.
Son impact ne se mesure pas à court terme, mais dans la capacité des équipes à décider, à exécuter et à grandir ensemble.

Dans un environnement marqué par l’accélération technologique, la pression sur les talents et l’exigence de résultats, il s’impose comme un coach discret de la création de valeur, profondément humain, au service de l’exécution.

Pour approfondir ces enjeux et entrer dans le détail des pratiques opérationnelles, l’intégralité de l’échange avec Nicolas Requillart-Jeanson est disponible dans le podcast MuzzOsphère, à écouter ici.

Le recrutement est encore largement pensé comme un exercice universel.
Process standardisés, méthodes transposables, critères supposément applicables partout.

En réalité, cette approche est largement théorique.
Recruter n’est jamais un exercice abstrait  : le secteur impose ses règles, façonne les dynamiques de marché, conditionne l’attractivité des rôles et détermine, en grande partie, ce qui fonctionne… et ce qui échoue.

Penser le recrutement sans l’ancrer dans une réalité sectorielle, c’est prendre le risque de décisions déconnectées du terrain.


Le secteur, point de départ de toute stratégie de recrutement

Tous les recrutements ne se valent pas.
Non pas par leur niveau de complexité, mais par la structure même des marchés sur lesquels ils s’inscrivent.

Certains secteurs bénéficient d’un fort pouvoir d’attraction. Les candidatures y sont nombreuses, parfois surabondantes. Le sujet n’est alors pas de sourcer, mais de filtrer, qualifier et convaincre dans la durée.

D’autres, à l’inverse, évoluent dans des environnements sous tension, où les candidats sont rares, peu visibles et fortement sollicités.

Première règle structurante : l’attractivité sectorielle conditionne la stratégie de recrutement.

Dans les marchés peu attractifs, le recrutement repose sur une démarche active, ciblée et souvent chronophage. Dans les secteurs très recherchés, il devient un exercice de sélection et de différenciation.

Cette logique ne s’arrête d’ailleurs pas au secteur. À l’intérieur d’un même marché, certaines entreprises concentrent naturellement l’attention quand d’autres peinent à émerger.
À périmètre d’activité équivalent, la capacité à recruter dépend largement de la visibilité, de la lisibilité et de l’attractivité perçue de l’entreprise sur son marché.

Pour sortir des approches génériques, il est utile de raisonner à partir d’une grille de lecture claire.
La stratégie de recrutement dépend principalement de deux variables :

  • le niveau de compétition sur les profils dans le marché,
  • l’attractivité réelle de l’entreprise.

Le croisement de ces deux dimensions permet d’identifier des stratégies de recrutement très différentes.


Contraintes sectorielles : quand le cadre redéfinit les règles

Au-delà de l’attractivité, certains secteurs sont structurés par des contraintes fortes : réglementaires, normatives, sécuritaires ou techniques.

Dans ces contextes, le recrutement ne consiste plus à identifier un “bon profil”, mais un profil habilité à exercer.

La conséquence est immédiate : le vivier se restreint.
Parfois à l’échelle d’un pays. Parfois à l’échelle mondiale.

Plus un marché est réglementé, plus la logique de volume devient inefficace.
Le recrutement repose alors sur le réseau et la connaissance fine de l’écosystème.

Dans ces environnements, la valeur ne réside pas dans la diffusion d’annonces, mais dans la capacité à savoir :
– qui sont les profils réellement en capacité d’exercer,
– où ils se situent,
– comment les approcher,
– et dans quel timing.

Le recruteur n’est plus un intermédiaire.
Il devient un acteur spécialisé, capable de naviguer dans un marché étroit et opaque.


Rareté des compétences : changer de posture

Lorsque les compétences sont structurellement rares, l’approche classique du recrutement montre rapidement ses limites.
La performance repose alors sur un autre levier : la spécialisation.

Connaître un secteur, ce n’est pas seulement comprendre ses métiers.
C’est connaître les entreprises, les trajectoires de carrière, les cultures, les attentes implicites des candidats et les signaux qui déclenchent un intérêt réel.

Cette expertise sectorielle transforme profondément la qualité du recrutement :

  • un ciblage plus juste,
  • une qualification plus pertinente,
  • une relation avec l’entreprise plus stratégique.

La spécialisation n’est pas un confort : c’est une condition de performance.


Expérience, potentiel, autonomie : des arbitrages contextuels

Dans les marchés sous tension, la tentation est forte de chercher des profils “clé en main”.

Mais ces arbitrages ne peuvent être tranchés indépendamment d’un facteur central : la maturité organisationnelle de l’entreprise.

Une structure capable de former et d’encadrer peut intégrer des profils à potentiel.
À l’inverse, une organisation peu structurée, très autonome, doit privilégier des profils immédiatement opérationnels.

Il n’existe pas de réponse universelle.

Un recrutement réussi est avant tout un recrutement aligné avec la capacité réelle de l’entreprise à faire grandir un talent.


Vitesse et clarté : des avantages compétitifs décisifs

Dans les marchés de talents rares, le temps devient un facteur critique.

Une fois l’intérêt d’un candidat suscité, une fenêtre courte s’ouvre.
Deux à trois semaines, rarement plus.

Passé ce délai, les probabilités de conclusion chutent rapidement.

Les entreprises qui recrutent efficacement partagent plusieurs caractéristiques :
– des processus courts,
– des décisions assumées,
– une proposition claire sur l’apprentissage, la trajectoire et la rémunération.

La clarté crée la confiance.
Et, dans des contextes très concurrentiels, la confiance fait souvent la différence, y compris face à des offres financièrement supérieures.


Le rôle clé du CEO, des investisseurs et des Operating Partners

Dans les recrutements complexes, la responsabilité ne peut être diluée.
Elle repose d’abord sur le CEO.

Son rôle est central :
– porter la vision,
– assumer les arbitrages,
– s’entourer des bons acteurs.

Parallèlement, les investisseurs et les Operating Partners s’impliquent de plus en plus dans les sujets de recrutement.
Cette évolution traduit une prise de conscience : le recrutement est désormais reconnu comme un levier direct de création de valeur.

Mais cette implication atteint rapidement ses limites.
Les besoins sont de plus en plus spécifiques, sectoriels, et difficiles à adresser sans connaissance fine du terrain.

Dans ce contexte, la recommandation — qu’elle porte sur un acteur ou un profil — devient risquée lorsqu’elle ne s’appuie pas sur une expertise sectorielle et des éléments objectifs.

D’où la nécessité de dispositifs capables d’apporter de la lisibilité, de la donnée et une expertise sectorielle réelle.


Trois principes qui font la différence

De l’analyse de ces marchés émergent trois règles structurantes :

1. Investir dans la compréhension du marché
Le recrutement commence par la connaissance fine des attentes, des contraintes et des leviers propres à son secteur.

2. Entretenir un réseau actif
Dans les marchés restreints, le recrutement est un travail de long terme. Le nurturing n’est pas optionnel.

3. Clarifier son positionnement
Plus le marché est compétitif, plus le projet doit être lisible, différenciant et incarné.


Conclusion

Il n’existe pas de stratégie de recrutement universelle.

Il y a des réalités sectorielles, des marchés plus ou moins contraints, et des décisions plus ou moins lucides.

Dans un contexte de rareté des talents, le recrutement cesse d’être une fonction support.
Il devient un levier stratégique, directement lié à la capacité des entreprises, et de leurs investisseurs, à comprendre leur environnement et à décider avec précision.

C’est à ce niveau que la valeur se construit — ou se fragilise.

Dans le private equity, le build-up a longtemps été perçu comme une construction arithmétique : agréger plusieurs sociétés pour former un ensemble plus valorisé. Mais la dynamique réelle est autrement plus complexe. 

Un build-up réussi n’est pas une simple addition d’activités : c’est un changement d’échelle organisationnel, nécessitant une transformation profonde des structures, des modes de décision et des compétences.

Dans ce contexte, un constat s’impose aujourd’hui : le recrutement est devenu le facteur déterminant de la création de valeur. La capacité à identifier, attirer et intégrer des talents adaptés à un nouvel horizon est ce qui différencie un build-up qui accélère d’un build-up qui s’enlise.


Le build-up : une stratégie de transformation, pas une opération de consolidation

Lorsque plusieurs entités fusionnent ou lorsqu’une plateforme engage une série d’acquisitions, l’entreprise change de dimension. Les priorités évoluent : nouvelles lignes hiérarchiques, restructuration des fonctions support, gouvernance élargie, objectifs financiers revus à la hausse. Une organisation calibrée pour 20 millions d’euros de chiffre d’affaires ne peut fonctionner de la même manière lorsqu’elle en vise 100.

Dans cette nouvelle configuration, les enjeux deviennent avant tout :

  • structurels : repenser la répartition des responsabilités ;
  • organisationnels : harmoniser des modèles opérationnels parfois divergents ;
  • humains : disposer des compétences et des leaders capables de porter l’ambition.

Un build-up réussi repose ainsi sur des équipes capables non seulement d’accompagner la transformation, mais aussi de soutenir le fonctionnement et les exigences du modèle à venir.


Les compétences essentielles de l’équipe dirigeante

Pour piloter un build-up, l’équipe dirigeante doit maîtriser trois leviers critiques :

  • la priorisation stratégique, pour concentrer les efforts sur ce qui conditionne réellement la valeur ;
  • la maîtrise financière, indispensable pour sécuriser les jalons de croissance ;
  • la capacité à recruter les dirigeants clés, et donc à assurer la cohérence entre talents, culture et ambition.

Le recrutement ne peut être délégué intégralement : ni à une fonction RH isolée du business, ni à des profils trop juniors.
C’est un acte de leadership, directement lié à la stratégie.


Comment anticiper les besoins en talents

Trois principes permettent de structurer efficacement les recrutements dans une stratégie de build-up :

1. Recruter pour les 18 prochains mois

Le build-up avance par étapes. Les recrutements doivent être pensés en fonction de la phase à venir, plutôt que du modèle final.

2. Observer les leaders du secteur

Les entreprises ayant réussi leur croissance externe constituent des repères utiles : typologies de postes recrutés, organisation cible, niveaux d’expérience privilégiés.

3. Définir un profil cible concret

Identifier un profil réel permet de clarifier les attentes, de réduire l’ambiguïté et d’aligner les décideurs sur une référence commune.

Cette phase de calibration intègre la définition des compétences techniques, mais aussi des exigences en matière de culture, posture et fonctionnement. Ces éléments ne sont pas évalués à ce stade : ils constituent des critères que le processus d’entretien devra valider.


Les postes clés qui structurent la performance du build-up

Certaines fonctions jouent un rôle central dans la capacité d’une entreprise à absorber et structurer une croissance externe. Parmi les plus déterminantes :

CFO : l’architecte financier de la transformation

Pilotage du cash, structuration de la dette, intégration financière des entités rachetées, mise en place d’un reporting consolidé : la solidité de cette fonction conditionne directement la réussite de la montée en puissance.

DRH : garant de la cohérence humaine et organisationnelle

Le DRH devient un pivot stratégique : harmonisation des pratiques, adaptation des modèles sociaux, développement des compétences, mobilité interne, ancrage culturel.

Direction commerciale : moteur de la croissance unifiée

Segmentation, structuration de l’offre, synergies commerciales, pilotage multi-sites : cette fonction permet de transformer une addition d’équipes en une machine commerciale cohérente.

À ces rôles s’ajoutent des profils de management intermédiaires ou transverses conçus spécifiquement pour la nouvelle architecture du groupe : leaders multi-entités, responsables de transition, managers capables de piloter des périmètres élargis.

Ces postes “pivots” n’existaient pas toujours avant le build-up, mais deviennent des pièces centrales du modèle cible.


Identifier une organisation qui n’est pas prête pour le build-up

Certains signaux alertent sur une organisation insuffisamment préparée :

  • une logique de recrutement ponctuel plutôt que stratégique ;
  • la reconduction des schémas passés sans repenser le modèle ;
  • l’accumulation d’entités sans intégration réelle ;
  • une absence de vision consolidée des rôles critiques ;
  • une faible anticipation des besoins humains et organisationnels.

Un build-up ne crée pas de valeur s’il se contente d’additionner des activités. La valeur provient de l’organisation que l’on construit, pas de l’empilement.


Le coût réel d’un mauvais recrutement : un risque stratégique

Dans un build-up, une erreur de casting ne se résume pas à quelques mois de salaire. Ses effets sont beaucoup plus profonds :

  • Sur la dynamique collective : un leader mal aligné affaiblit la performance de l’équipe.
  • Sur la trajectoire de croissance : l’absence du bon profil ralentit l’exécution.
  • Sur la culture : une mauvaise décision laisse un héritage durable, difficile à effacer.

Parce que la structure est en mouvement, l’impact d’un mauvais recrutement est amplifié. Les ajustements tardifs deviennent plus visibles, plus coûteux et plus déstabilisants.


Les leçons que la pratique du build-up met en lumière

Les expériences de build-up menées ces dernières années montrent une constante : les échecs les plus impactants proviennent presque toujours d’un recrutement de direction insuffisamment aligné humainement.

Dans les environnements de croissance externe, la réussite d’un dirigeant ne dépend pas uniquement de son expertise. Elle repose surtout sur sa capacité à :

  • absorber un niveau de pression élevé ;
  • avancer dans un cadre incertain et en évolution permanente ;
  • fédérer rapidement des équipes issues de cultures différentes ;
  • maintenir une dynamique collective malgré la complexité.

Lorsque ces qualités humaines sont mal évaluées ou sous-estimées, l’échec est quasi systématique et son impact nettement amplifié par le contexte du build-up.


Le rôle croissant des investisseurs dans le recrutement stratégique

L’implication des fonds d’investissement dans les sujets RH et organisationnels constitue aujourd’hui l’une des évolutions majeures du private equity. La montée en puissance des Operating Partners, aux côtés des Partners et directeurs de portefeuille, illustre ce mouvement : leur intervention sur les recrutements clés améliore significativement la réussite des stratégies de build-up.

Les participations accompagnées enregistrent notamment :

  • une baisse du taux d’échec des recrutements,
  • une exécution opérationnelle plus fluide,
  • des trajectoires de valorisation supérieures.

Cette implication renforcée répond à deux impératifs :

  • la reconnaissance du rôle déterminant des talents dans l’exécution du plan de croissance ;
  • la nécessité de sécuriser les postes clés en recrutant des leaders expérimentés dans des environnements complexes, en transformation ou multi-entités.

En intervenant en amont, les investisseurs renforcent l’alignement entre la thèse d’investissement, le modèle organisationnel cible et les équipes capables de porter la trajectoire attendue.


Conclusion : le facteur humain, moteur du build-up

Un build-up ne crée pas de valeur parce qu’il additionne des activités, mais parce qu’il réunit des équipes, des ambitions et des synergies capables de construire un nouveau modèle.

La performance dépend de la capacité à :

  • structurer une organisation adaptée,
  • attirer des profils entrepreneurs et résilients,
  • aligner les cultures,
  • faire progresser l’ensemble avec vitesse et cohérence.

Un build-up est avant tout un projet humain.
Le capital structure les opérations. Le capital humain, lui, conditionne la création de valeur.

Lever des fonds ne garantit rien. C’est un accélérateur, pas une solution. 

Après la levée, un enjeu domine rapidement tous les autres : transformer ce financement en traction commerciale. Et très vite, deux questions reviennent : faut-il recruter un sales maintenant ? Et lequel ?

Parce que recruter un sales post-levée n’est jamais un réflexe. C’est un choix stratégique. Il dépend de la maturité de l’entreprise et du produit, de la réalité du funnel et de la capacité à passer d’un mode de vente exploratoire à un moteur commercial reproductible. 

Un choix qui ne supporte ni l’improvisation ni les décisions à l’intuition.


1. Le sales post-levée : un levier majeur (mais pas toujours le premier)

Beaucoup d’entreprises réagissent instinctivement : « Il nous faut un sales. »
Mais ce recrutement n’a d’impact que si la maturité est au rendez-vous, et ce n’est pas toujours le cas.

Certaines doivent d’abord consolider leur produit et investir dans la construction de leur offre. Pour elles, recruter un sales trop tôt n’a tout simplement pas d’effet : le terrain commercial n’existe pas encore.

Pour celles qui commencent à signer leurs premiers clients, ou pour les modèles intrinsèquement sales-led, la question est différente : comment transformer ces premiers signaux en croissance réelle ?

C’est là qu’intervient une règle fondamentale : tant que le CEO n’a pas vendu lui-même, recruter un sales est prématuré.

C’est à lui d’identifier les bons personas, de comprendre les objections, de tester les messages, d’éprouver les canaux et de mesurer les cycles de vente. Sans ce travail, un sales arrive « dans le flou » et ne peut pas donner sa pleine mesure.

Et les pièges ne varient guère :

  • attendre du premier sales qu’il construise tout (messages, process, go-to-market) ;
  • recruter trop vite ou trop large, parfois en passant de 1 à 10 sales sans playbook ni capacité d’onboarding.

👉 Résultat : baisse des conversions, périodes d’essai non validées, surcharge managériale.

S’ajoute une réalité souvent ignorée : les sales sont les profils les plus difficiles à évaluer. Ils savent vendre… donc se vendre. 

Et ils n’ont rien en commun :

  • Certains excellent dans le volume, les cold calls, le rythme.
  • D’autres performent dans la vente conseil, proche de l’ingénierie.

Sans vision claire, on se trompe facilement de profil.

C’est précisément pour cela que le bon timing est décisif : le moment de recruter n’est pas financier, il est opérationnel.


2. Identifier le bon profil : partir de la réalité du funnel, pas d’un fantasme de “bon vendeur”

Un sales performant n’est jamais un « bon vendeur » générique. C’est un profil qui s’insère dans votre mécanique commerciale.

Et cette mécanique, c’est votre funnel. Non pas un concept marketing, mais une vérité opérationnelle : l’endroit où vous créez de la valeur… et où vous en perdez.

Certaines entreprises génèrent beaucoup d’opportunités mais convertissent peu.
D’autres créent peu de leads mais affichent des taux de conversion et de rétention nettement supérieurs.

Ces réalités ne se pilotent pas de la même manière.
👉 À mécanique différente, profil sales différent.

C’est aussi pour cela que « splitter » trop tôt les rôles, par exemple recruter un BDR pour éviter la prospection, conduit souvent à des erreurs.
Le CEO doit d’abord passer par cette étape pour comprendre ce qui fonctionne réellement avant de déléguer.

À partir de là, deux grandes familles de profils se dessinent :

  • ceux qui exécutent (volume, rythme, prospection),
  • ceux qui accélèrent (analyse, vente complexe, design d’offre).

Le tout dépend du cycle de vente, du marché et de la maturité commerciale.

Pour éviter les faux pas, une règle fait ses preuves dans la plupart des cas : recruter quelqu’un qui a déjà performé dans un environnement similaire.

L’analyse concurrentielle est un excellent indicateur :

  • qui ont-ils recruté ?
  • qui sont leurs meilleurs performeurs ?
  • est-il possible de les attirer ?

Et lorsque ce n’est pas possible, viser des profils issus d’un univers sectoriel voisin — avec les mêmes personae et les mêmes codes — fonctionne tout aussi bien.

Identifier le bon profil, c’est savoir ce que votre funnel demande maintenant. Pas demain. Pas ailleurs.


3. Construire un process de recrutement prédictif : quand la méthode complète l’intuition

Un entretien brillant, c’est flatteur. Mais cela ne prédit rien.

Un recrutement de sales fiable commence toujours par un process qui réduit les biais.

Premier pilier : la vitesse du process.
Les recrutements les plus efficaces durent de 2 à 3 semaines. Passé ce délai, les candidats se désengagent et les acceptations chutent. 

Deuxième pilier : définir précisément le profil recherché — BDR, SDR, AE, AM — selon la complexité du cycle de vente, les canaux activés et les interlocuteurs visés. C’est à ce moment que la scorecard devient déterminante : elle fixe les compétences à évaluer. 

Troisième pilier : tester la réalité du poste.

  • Un cold call si la prospection téléphonique est centrale.
  • Un business case si la vente est complexe.
  • Et, pour un Head of Sales, un exercice stratégique du type : « Que fais-tu pendant tes 90 premiers jours ? ».

Les métiers commerciaux sont techniques ; leurs mises en situation doivent l’être tout autant.

Enfin, l’intuition doit toujours être confrontée aux chiffres.

👉 Quels sont les ratios du candidat ? Sa méthode ? Ses cycles ? Son taux de transformation ?

En quelques questions bien choisies, on voit immédiatement si l’expérience est solide… ou si elle tient surtout à une ligne de CV travaillée.


4. Onboarding et pilotage : sécuriser les 90 premiers jours

Un bon recrutement peut s’essouffler si les premières semaines ne sont pas structurées.

Les 90 premiers jours sont donc déterminants : c’est là que l’on voit réellement si un sales s’intègre, apprend vite et commence à générer ses premiers signaux d’impact.

Tout commence par des objectifs opérationnels nets : leads générés, rendez-vous obtenus, pipeline qui progresse. Le chiffre d’affaires n’est pas un indicateur pertinent si les cycles sont longs : il arrive trop tard pour guider le démarrage.

Ces indicateurs doivent être transparents et alignés avec les ratios réels de l’entreprise.

S’ajoute un suivi hebdomadaire exigeant :

  • un mois sans signaux positifs → ajustement immédiat ;
  • deux à trois mois sans amélioration → période d’essai à réévaluer.

Enfin, l’intégration joue un rôle clé : exposition au produit, cas clients, relations avec les équipes internes.

C’est dans ces interactions que ressortent les signaux vraiment révélateurs, notamment la curiosité et la capacité à comprendre rapidement le produit.

Quelques checkpoints simples (valeurs, compréhension du produit) permettent d’identifier ces signaux faibles très tôt.


5. Les règles d’or : ce qui fait réellement la différence

Recruter un sales après une levée, ce n’est pas étoffer une équipe : c’est prendre des décisions qui engagent la trajectoire commerciale. Trois règles s’imposent : 

1. Aligner les recrutements sur le rythme de croissance

Les entreprises financées doivent prouver qu’elles savent accélérer.

Le plan de recrutement annuel doit donc être calibré en conséquence, en intégrant une marge réaliste : environ 25 % des personnes recrutées ne seront pas conservées. Une vérité souvent ignorée… mais structurante.

2. Recruter par “batch” pour créer l’émulation

Embaucher plusieurs sales du même profil, au même moment, change la dynamique :

  • onboarding homogène,
  • montée en puissance collective,
  • stabilisation plus rapide des performances.

À condition, évidemment, que l’entreprise soit en mesure de former et d’encadrer plusieurs profils simultanément.

3. Ne garder que les talents performants et alignés

⚠️ Performant mais dont le comportement dégrade la dynamique collective : risqué. 

🐌 Aligné mais insuffisant : ralentisseur.

✅ Performant et aligné : ce sont ces profils-là qui tirent véritablement l’équipe vers le haut.

Enfin, l’erreur la plus coûteuse est toujours la même : attendre.

Le vrai prix d’un mauvais recrutement dépasse largement six mois de salaire :

  • temps perdu,
  • opportunités de recrutement manquées,
  • culture fragilisée,
  • équipe démotivée.

Dans une équipe commerciale, tout le monde sait très vite qui ne performe pas.

La vraie question est :  « Combien de temps faudra-t-il au CEO pour agir ? »


Conclusion : après une levée, le recrutement d’un sales n’est pas une étape. C’est un tournant.

Recruter un sales après une levée n’est jamais un automatisme. C’est un acte stratégique qui révèle la maturité réelle de l’entreprise : sait-elle ce qu’elle vend, à qui, et comment transformer ses premières preuves en traction durable ?

La réussite repose sur cinq piliers : un funnel maîtrisé, un profil adapté, un process prédictif, un onboarding structuré et une discipline managériale sans ambiguïté. À l’inverse, la précipitation comme l’inaction coûtent cher : en performance, en culture et en dynamique collective.

Les entreprises qui tirent pleinement parti de leur levée ne cherchent pas un « bon sales », mais le bon sales pour leur contexte, au moment exact où elles sont prêtes à l’intégrer et à l’accompagner.

La croissance ne vient pas avec la levée. Elle vient avec la capacité à recruter – et à décider – avec clairvoyance.

Dans un marché où la compétition pour les talents s’intensifie, le rôle du recruteur a profondément évolué. Longtemps perçue comme une fonction de support, l’acquisition de talents s’impose désormais comme un levier stratégique de croissance. Face à des profils de plus en plus sollicités, le Talent Acquisition (TA) ne se contente plus de “gérer des process” : il contribue directement à la croissance et à la trajectoire de l’entreprise.

À la croisée du business, de l’humain et de la technologie, le recruteur moderne doit comprendre les métiers, incarner la culture et orienter les décisions.

Un bon TA n’est pas seulement quelqu’un qui trouve des profils, c’est quelqu’un qui fait grandir l’entreprise“, souligne Louis Le Mouel, Head of Talent Acquisition chez Vizzia.

L’arrivée simultanée de six nouveaux collaborateurs chez Vizzia, soit plus de 10 % de l’effectif, illustre selon lui à quel point chaque recrutement engage la dynamique collective.

“Recruter, c’est contribuer directement à la croissance de l’entreprise : un bon choix renforce l’élan, un mauvais peut le freiner durablement.”

Dans un contexte où l’intelligence artificielle automatise une partie du sourcing et de la qualification, la force du TA réside dans sa capacité d’écoute, d’analyse et de décision. Pour Louis Le Mouel, trois leviers guident les meilleurs recruteurs : l’impact, la performance et la conviction.


 1. Comprendre les enjeux du métier

Comme beaucoup, Louis Le Mouel n’avait pas prévu de devenir recruteur.

J’ai commencé un peu par hasard, raconte-t-il. C’était en 2018, dans une société de conseil où le recrutement faisait partie du parcours de carrière.”

Cette expérience l’amène à comprendre que le recrutement n’est pas un rôle d’exécution, mais un levier d’influence. Chaque décision compte : un recrutement réussi renforce la dynamique d’une équipe, tandis qu’un échec peut fragiliser l’organisation.

Un moment pivot dans une carrière de recruteur, c’est un recrutement raté. C’est là qu’on réalise vraiment l’impact qu’on peut avoir, positif ou négatif.

Cette prise de conscience structure la posture du TA : comprendre que son métier relie stratégie, culture et croissance, et qu’il engage bien plus que des compétences techniques.


2. Le déclic : viser la performance

Le tournant s’opère lorsque le recruteur cesse de se percevoir comme un accompagnant pour devenir un acteur de création de valeur. 

Un recruteur est un sales. Un job de performance, de closing, de score.

Adopter cette posture transforme la pratique : les entretiens deviennent des opportunités d’apprentissage, les échecs des données d’amélioration et chaque recrutement réussi une preuve de contribution concrète.

Chaque décision de recrutement représente une prise de risque, particulièrement dans les PME, où une arrivée peut peser significativement sur la dynamique interne. Le TA doit donc apprendre à équilibrer rapidité, justesse et exigence.

Ce changement de posture fait du TA un partenaire du business, capable d’analyser ses résultats et de démontrer l’impact concret de son action.


3. Méthodologie : recruter vite et bien

Pour concilier exigence et rapidité, Louis Le Mouel s’appuie sur une méthode inspirée du Lean, qu’il a progressivement structurée au fil de son expérience. Les meilleurs recruteurs se distinguent par une approche structurée et mesurable. Deux indicateurs sont essentiels :

  • Un délai moyen de décision de 15 jours, garant d’efficacité et de réactivité.
  • Un taux d’acceptation d’une offre proche de 90 %, signe d’un alignement solide entre le poste, le candidat et la culture d’entreprise.

Recruter vite ne signifie pas recruter dans la précipitation, mais décider lucidement et justement.” 

Un process performant s’appuie sur une compréhension claire du besoin, des critères partagés et une communication fluide entre recruteur et manager.
Cette exigence permet de concilier vitesse et qualité, en privilégiant la pertinence des décisions plutôt que le volume de candidatures. Le TA performant raisonne avant tout en contribution stratégique : il comprend le produit, la mission et les enjeux de son entreprise.


4. Les compétences clés du Talent Acquisition moderne

Le métier s’est profondément professionnalisé. Le recruteur moderne conjugue vision stratégique, compréhension des dynamiques d’entreprise et sens de la relation humaine.

Ces fondamentaux reposent sur quatre compétences majeures :

  • Compréhension business
    Le TA doit maîtriser les métiers et les enjeux de l’entreprise pour traduire un besoin opérationnel en critères de réussite. Cette vision le positionne comme un partenaire du management.
  • Écoute active
    La clé d’un recrutement réussi réside autant dans l’écoute des mots que dans celle des signaux faibles.

Ces qualités s’incarnent aussi dans la manière d’aborder la progression et la mesure des résultats :

  • Le discernement et la rigueur
    Un bon recruteur prend des décisions rapides et justes, sur la base d’éléments objectifs. Process, scorecards et feedbacks structurés renforcent la qualité du jugement.
  • Culture de la performance
    Les TA les plus performants mesurent, apprennent et ajustent. Ils considèrent l’amélioration continue comme un levier de progression, pas une fin en soi.

5. L’IA et l’évolution du métier

L’intelligence artificielle transforme la fonction sans en modifier la finalité. Sourcing automatisé, scoring, génération de messages ou de comptes rendus : ces outils accélèrent les processus et permettent au TA de se concentrer sur les décisions à forte valeur ajoutée.

Ce qui me prenait une demi-journée à sourcer, je peux le faire en une heure grâce à l’IA. Mais la décision, elle, reste humaine.”

L’IA redéfinit l’essence du métier : elle remplace les tâches répétitives, pas le jugement. Le Talent Acquisition devient chef d’orchestre, pilotant la technologie tout en préservant le sens et la cohérence humaine.

Les recruteurs qui réussissent ne sont pas ceux qui s’opposent à la machine, mais ceux qui savent l’utiliser pour renforcer leur capacité d’analyse et leur influence.


6. Accélérer sa carrière

Le recrutement offre une courbe d’apprentissage rapide et une grande exposition au business. Pour progresser, Louis Le Mouel recommande quatre leviers :

  • Choisir la bonne entreprise
    La progression d’un recruteur dépend avant tout de son environnement. Rejoindre une organisation où le recrutement est perçu comme un levier stratégique accélère l’apprentissage et la montée en compétence.
  • S’entourer et apprendre vite
    La progression passe aussi par le collectif. S’entourer de pairs exigeants, partager ses pratiques et accueillir les retours permet de progresser plus vite. Chaque succès comme chaque erreur devient une source d’apprentissage.
  • Intégrer l’IA dans ses pratiques
    Adopter tôt les outils d’automatisation permet de gagner en efficacité opérationnelle et de consacrer plus de temps à ce qui fait le cœur du métier : l’analyse, la décision et la relation humaine.
  • Recruter des profils inspirants
    Travailler sur des postes stimulants et exigeants nourrit la curiosité, entretient la motivation et élargit la compréhension du marché.

Réussir en Talent Acquisition, c’est comprendre mieux, apprendre vite et décider avec conviction.


7. L’erreur à éviter : le “closing à tout prix”

Dans un métier orienté résultats, la tentation de closer coûte que coûte peut être forte.

Le pire qu’on puisse faire, c’est pousser un candidat auquel on ne croit pas juste pour atteindre un objectif.”

Un recrutement forcé fragilise la confiance du candidat, du manager et du recruteur lui-même. L’excellence consiste à savoir dire non : à un profil désaligné, à une offre mal calibrée ou à une opportunité de court terme.

L’efficacité d’un recruteur se mesure moins à la quantité de postes pourvus qu’à sa capacité à garantir la qualité et la durabilité des recrutements. Cette exigence distingue les recruteurs centrés sur le court terme de ceux qui bâtissent des équipes durables.


Conclusion : Le Talent Acquisition, levier clé de la transformation des entreprises 

Le recrutement n’est plus une fonction de support : c’est un levier central de compétitivité et de culture d’entreprise.

À l’heure où l’IA accélère les processus et où la confiance devient la ressource la plus rare, le Talent Acquisition se réinvente en stratège du lien humain.

Parce qu’au fond, recruter, c’est construire l’avenir de l’entreprise, une personne à la fois.

Et c’est sans doute là que réside la véritable mission du Talent Acquisition : relier stratégie et humanité.

En mai 2025, IBM a annoncé le licenciement de 8 000 collaborateurs de ses départements RH, remplacés par des systèmes d’intelligence artificielle capables de gérer à grande échelle le sourcing, la présélection et même certains entretiens (Business Today, 2025). Quelques jours plus tard, Aravind Srinivas, PDG de Perplexity, allait encore plus loin : selon lui, « le travail d’un recruteur d’une semaine peut être réalisé par une seule requête IA », et d’ici six mois, les recruteurs humains pourraient devenir superflus.

Ces annonces spectaculaires soulèvent une question brûlante : faut-il encore recruter des recruteurs, à l’heure où l’IA prétend pouvoir absorber l’essentiel de leurs missions ?

Derrière l’effet d’annonce, la réalité est plus nuancée. Car si la technologie automatise une partie croissante du processus, le rôle du recruteur ne se limite pas à « exécuter des tâches ». Il consiste aussi à incarner un business partner, à challenger les managers, à structurer une stratégie de recrutement alignée sur les objectifs business et, surtout, à identifier les profils qui feront basculer une équipe dans une autre dimension. Autrement dit : quand faut-il recruter un recruteur, et pour quoi faire ?


1. L’IA rebat les cartes du recrutement : promesse d’efficacité ou perte de sens ?

Les annonces d’IBM et de Perplexity ont agi comme un électrochoc pour tout l’écosystème RH. En quelques mois, l’IA est passée du statut d’outil d’assistance à celui de menace potentielle pour des métiers entiers. Sourcing, qualification, rédaction d’offres, relances, suivi des candidatures : tout semble désormais automatisable.

Mais derrière cette promesse d’efficacité totale, un glissement s’opère. Le recrutement devient perçu comme un processus logistique, et non plus comme une décision stratégique.
Or, confier le recrutement à une IA, c’est lui demander d’optimiser une suite d’actions… pas de comprendre un contexte, une culture, ou une équipe.

C’est là toute l’ambiguïté :
👉 oui, une IA peut trouver les bons profils sur LinkedIn plus vite qu’un humain,
👉 mais non, elle ne peut pas encore comprendre pourquoi ce profil-là fera grandir l’équipe, inspirera les autres, ou incarnera la vision d’un projet.

Le risque, c’est de confondre la performance d’un système avec la pertinence d’un jugement.
Et dans un marché du travail en pleine mutation, cette nuance est capitale.

En réalité, cette révolution technologique ne signe pas la fin du métier de recruteur : elle en révèle la véritable nature.

Car plus les outils automatisent, plus la valeur se déplace vers ce qui ne peut pas l’être  :

  • comprendre le besoin réel derrière une fiche de poste,
  • identifier les signaux faibles dans un échange,
  • construire une expérience candidat cohérente avec la marque employeur,
  • et aligner chaque embauche sur la stratégie business.

Autrement dit, l’IA ne remplace pas le recruteur : elle écarte les recruteurs “exécutants” pour ne laisser place qu’à ceux capables de penser le recrutement comme un levier de performance globale.


2. D’une compétence RH à un vrai métier : l’évolution du rôle de recruteur

Pendant longtemps, le recrutement a été considéré comme une simple sous-fonction des ressources humaines.
Un savoir-faire périphérique, que l’on pouvait confier à n’importe quel collaborateur « à l’aise avec les gens ».

Le fameux « Ah, tu es recruteur ? Donc tu fais des RH ? » résume à lui seul la perception dominante :
👉 une fonction administrative,
👉 peu liée à la performance business,
👉 et souvent vue comme un centre de coût plutôt qu’un levier de croissance.

Pourtant, les dernières années ont montré à quel point cette vision était datée.

En 2021, dans un contexte de rebond économique historique (+6,8 % de PIB), les entreprises ont recruté massivement, parfois dans l’urgence. Et c’est là que la valeur du recruteur est apparue au grand jour : sans talents, pas de croissance.
La demande a explosé, la rareté s’est installée, et les recruteurs sont devenus des profils convoités, parfois aussi difficiles à trouver que les développeurs qu’ils cherchaient.

Mais la crise des financements de 2023 a stoppé net cette dynamique.
Les entreprises tech ont gelé leurs embauches, les VC ont serré les budgets, et la question est revenue :

“Est-ce encore utile d’avoir un recruteur à plein temps dans l’équipe ?”

Ce cycle d’amour-désamour illustre bien le malentendu autour du métier.
Quand le marché est tendu, on glorifie le recruteur comme sauveur ; quand il ralentit, on le considère comme une charge.

En réalité, le problème n’est pas dans la fonction, mais dans la façon dont on la perçoit.
Recruter n’est pas une compétence RH parmi d’autres, c’est un métier stratégique à part entière — celui qui garantit l’adéquation entre la vision d’une entreprise et les personnes qui la réalisent.

Un bon recruteur ne se contente pas d’exécuter un process.
Il interprète un besoin, le challenge, et le traduit en plan d’action concret.
Il comprend le business, les enjeux de productivité, les contraintes de marché, et transforme une intention de recrutement en un investissement rentable.

C’est précisément cette évolution — du RH au business partner — qui redéfinit aujourd’hui la valeur du métier.


Et c’est à ce moment-là qu’il faut se poser la vraie question :
👉 quand faut-il recruter un recruteur ? Pas quand le besoin explose, mais quand le recrutement devient un facteur clé de performance.


3. La rentabilité d’un recruteur : un ROI qui dépasse le calcul comptable

Lorsque la question “faut-il recruter un recruteur ?” se pose, elle s’accompagne presque toujours d’une autre :

“Est-ce que ça vaut le coût ?”

La tentation est grande de réduire la rentabilité d’un recruteur à une équation simple :

salaire chargé du recruteur interne = X €
prime moyenne d’un cabinet de recrutement externe = Y €
→ il faut réaliser Z recrutements pour que le salaire du recruteur soit “rentable”.

Cette logique a le mérite d’être rationnelle.
Mais elle oublie une donnée essentielle : le recrutement n’est pas une mécanique, c’est un investissement humain et stratégique.

💡 Le calcul simpliste : une vision incomplète

Prenons un exemple : un recruteur interne coûte 60 000 € par an.
Un cabinet facture en moyenne 10 000 € par recrutement.
Le calcul rapide conclut qu’il faut six recrutements par an pour “rentabiliser” le poste.

En apparence logique, cette formule ne dit pourtant rien :

  • du temps gagné par les managers,
  • de la qualité des profils intégrés,
  • ni de la stabilité qu’un bon recrutement apporte à l’équipe.

En d’autres termes, elle évalue un processus, pas une valeur créée.

🚀 Le vrai ROI : la qualité, pas la quantité

Un recruteur n’est pas rentable parce qu’il embauche beaucoup, mais parce qu’il embauche juste.

Quand une entreprise intègre un profil exceptionnel — celui qui tire une équipe vers le haut, structure un pôle ou fait décoller un produit — tout change : la performance, la cohésion, la vitesse d’exécution.

Un “top hire” n’est pas seulement un succès individuel, c’est un multiplicateur d’impact.
C’est la différence entre une croissance freinée et une organisation qui passe à l’échelle.

C’est ce que résume parfaitement la formule :

“Le vrai ROI d’un recruteur, c’est de trouver la meilleure personne pour le rôle.”

📊 Repenser la rentabilité : au-delà des chiffres

Pour évaluer la valeur réelle d’un recruteur, il faut intégrer d’autres dimensions :

DimensionExemple concretImpact
Temps gagnéLe manager se concentre sur l’opérationnel plutôt que sur le sourcingProductivité immédiate
Qualité des recrutementsMoins de turnover, meilleure performance des équipesÉconomies indirectes
Structuration des processScorecards, KPIs, feedbacks candidatsGains d’efficacité durables
Marque employeurExpérience candidat fluide et cohérenteMeilleure attractivité

Ces éléments sont difficiles à chiffrer, mais déterminants pour le chiffre d’affaires et la marge de l’entreprise.

Car une équipe bien constituée coûte moins cher à long terme qu’une succession de recrutements ratés.
Et c’est précisément là que se situe le ROI d’un recruteur : dans la durabilité et la performance collective.

En somme, un recruteur ne se juge pas à la quantité de profils embauchés, mais à la valeur créée par ces recrutements.
Et cette valeur dépasse largement les chiffres : elle s’exprime dans la culture, la cohérence et la capacité d’une entreprise à grandir avec les bonnes personnes.


4. Le recruteur comme business partner : un levier stratégique, pas un centre de coût

S’il y a bien une erreur encore trop fréquente dans les entreprises, c’est de considérer le recruteur comme un exécutant : celui à qui l’on confie une fiche de poste pour qu’il “trouve des candidats”.
Cette posture purement opérationnelle alimente une perception erronée : celle du centre de coût.

Or, un bon recruteur n’est pas un technicien de la sélection.
C’est un partenaire de pilotage business, capable de challenger les besoins, d’anticiper les difficultés et d’éclairer la stratégie de croissance.

🎯 Aligner le recrutement sur la stratégie business

Chaque recrutement doit répondre à une question simple :

“Quel objectif business ce poste sert-il réellement ?”

Le rôle du recruteur est d’aider les dirigeants à clarifier cette réponse avant même d’ouvrir le poste.
Grâce à des outils comme la Scorecard, il peut :

  • traduire un objectif stratégique en compétences mesurables,
  • définir les priorités de recrutement,
  • et s’assurer que chaque embauche sert la vision de l’entreprise.

En d’autres termes : le recruteur ne “remplit pas des postes”, il oriente les investissements humains.

📈 Appuyer les décisions sur la donnée

Un recruteur moderne ne se fie plus à son instinct seul — il pilote par les KPI.
Time-to-hire, taux de réponse, taux de conversion des entretiens, feedbacks candidats, qualité d’intégration à M+3 : tous ces indicateurs permettent d’anticiper, d’ajuster, et de rationaliser les décisions.

Cette approche data-driven transforme la posture :
👉 on ne “pense” plus qu’un recrutement sera difficile,
👉 on sait qu’il le sera, et on agit en conséquence.

Grâce à ces données, le recruteur devient un véritable capteur de signaux marché : il alerte sur la rareté des profils, ajuste le discours, et optimise les délais et les coûts.

🤝 Accompagner les managers dans le process

La mission d’un recruteur ne s’arrête pas à la sélection : il forme et élève le niveau de recrutement de toute l’organisation.


Cela passe par :

  • la formation des hiring managers à la conduite d’entretien,
  • la sensibilisation aux biais cognitifs (effet halo, biais d’affinité, confirmation),
  • et le coaching continu pour améliorer les pratiques d’évaluation.

Ainsi, le recruteur agit comme un chef d’orchestre : il structure, aligne et fluidifie l’expérience de recrutement pour toutes les parties prenantes — candidats et managers.

🔄 Penser en solutions, pas en postes

Enfin, un business partner ne se limite pas au recrutement externe.
Il sait proposer des alternatives stratégiques :

  • mobilité interne pour capitaliser sur les talents existants,
  • freelance ou conseil pour répondre à des besoins ponctuels,
  • ajustement du périmètre du poste pour coller au marché.

Cette approche pragmatique réduit les coûts, améliore la réactivité, et renforce la crédibilité du recruteur auprès de la direction.


💬 En bref : un bon recruteur, c’est celui qu’on appelle avant d’ouvrir un poste, pas après.
Parce qu’il ne recrute pas seulement des personnes — il protège la stratégie.


Conclusion – Faut-il encore recruter des recruteurs ?

Face à la montée en puissance de l’IA, la tentation est forte de croire que les recruteurs appartiennent au passé.
Après tout, si une machine peut sourcer, trier et planifier, pourquoi maintenir une fonction humaine coûteuse ?

Parce que recruter n’a jamais été une affaire d’exécution, mais une affaire de vision.
Ce n’est pas la tâche qu’on délègue qui compte, c’est l’intention qu’on poursuit.

⚙️ L’IA ne remplace pas, elle redéfinit

Oui, les outils d’automatisation vont continuer à bouleverser le quotidien des recruteurs.
Mais cette mutation ne signe pas la fin du métier — elle en trace les contours d’une nouvelle ère.

Le recruteur de demain ne sera pas remplacé par l’IA : il sera augmenté par elle.
Il saura l’utiliser pour éliminer les tâches à faible valeur ajoutée, tout en concentrant son énergie sur l’analyse, le conseil et la relation humaine.
Il ne passera plus ses journées à chercher, mais à comprendre — les enjeux, les contextes, les personnes.

💡 Du recruteur à l’architecte du talent

Les entreprises n’ont pas besoin de “plus” de recruteurs, mais de meilleurs recruteurs :
des professionnels capables de lire les signaux faibles, de piloter par la donnée et d’accompagner les dirigeants dans leurs décisions humaines.
Des profils hybrides, à la croisée du marketing, de la stratégie et de la psychologie.

Le recruteur de demain sera un architecte du talent, capable d’orchestrer l’IA, la data et l’intuition humaine pour construire les équipes qui font gagner.

🧭 En résumé

Faut-il encore recruter des recruteurs ?
➡️ Oui, mais plus pour exécuter.
➡️ Oui, mais plus pour “faire des entretiens”.
➡️ Oui, pour penser le recrutement comme un levier de croissance.

Les IA comme Comet ou ChatGPT automatiseront les gestes du métier.
Mais la responsabilité de choisir les bonnes personnes pour faire avancer le projet d’une entreprise restera, elle, fondamentalement humaine.C’est là toute la différence entre une machine qui trie des CV, et un recruteur qui fait grandir une équipe.