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Le prochain candidat que vous allez recruter n’habite peut-être pas votre région

Antoine Gigomas

Antoine Gigomas

Un recruteur lyonnais cherche un directeur commercial depuis trois mois. Il a diffusé son offre sur les plateformes habituelles, attendu les candidatures, relancé son réseau local. Sans succès.

Ce qu’il ignore peut-être, c’est que son profil idéal est activement à l’écoute du marché… mais depuis Paris.

C’est l’un des enseignements du Baromètre Mobilité 2026 de Hellowork, publié le 12 juin et fondé sur l’analyse des recherches d’emploi réalisées par près de 31 millions de candidats sur Hellowork. 

Son principal enseignement est le suivant : les bassins de talents ne coïncident plus toujours avec les bassins d’emploi. Pour recruter efficacement, il ne suffit plus de savoir où se trouve le poste ; il faut aussi savoir où se trouvent les candidats.


Les bassins de talents ne coïncident plus toujours avec les bassins d’emploi

L’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes concentrent à elles seules 44 % des candidats ayant consulté une offre d’emploi sur Hellowork en 2025. 

Individuellement, 31 % des candidats ont effectué des recherches en Île-de-France et 20 % en Auvergne-Rhône-Alpes. Certains ayant recherché dans les deux régions, ces pourcentages ne s’additionnent pas.

Derrière elles, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur figurent également parmi les régions les plus attractives.

Cette attractivité ne s’explique pas uniquement par le dynamisme économique. Comme le souligne David Beaurepaire, directeur délégué de Hellowork, « les candidats arbitrent désormais entre opportunités de carrière, qualité de vie, coût du logement ou encore équilibre personnel ».

Autrement dit, un poste ne se compare plus seulement à un autre poste. Il s’inscrit dans un projet de vie plus global.


Dans certaines régions, plus de trois candidats sur quatre regardent ailleurs

À l’inverse, plusieurs territoires enregistrent une forte mobilité sortante.

Le Centre-Val de Loire affiche le taux le plus élevé : 76,3 % des candidats y recherchent un emploi hors de leur région. La Bourgogne-Franche-Comté (71,9 %) et la Normandie (67,4 %) suivent la même tendance.

Pour les entreprises implantées dans ces territoires, cette réalité change la donne. Les candidats disponibles localement ne constituent plus nécessairement le principal vivier de recrutement. Limiter sa stratégie de sourcing à son bassin d’emploi revient parfois à se priver d’une partie des profils susceptibles d’être intéressés par le poste.

Le résultat est souvent le même : des recrutements plus longs, davantage de postes vacants et l’impression, parfois erronée, qu’il n’existe plus de candidats.

La question n’est donc plus seulement de diffuser davantage d’annonces, mais de diffuser là où se trouvent réellement les talents.


Ce que cela change concrètement pour les recruteurs

Selon les régions, entre 40 % et 76 % des candidats recherchent un emploi en dehors de leur territoire de résidence. La mobilité géographique n’est plus un phénomène marginal : elle fait désormais partie des comportements de recherche d’emploi.

Ces données invitent les entreprises à élargir leur stratégie de sourcing lorsque les recrutements deviennent difficiles. Pour certaines entreprises lyonnaises, par exemple, les candidats franciliens constituent un vivier souvent sous-exploité, notamment sur les fonctions les plus pénuriques.

Mais élargir son sourcing ne suffit pas.

Les candidats qui envisagent un changement de région ne choisissent pas uniquement un employeur. Ils évaluent également un cadre de vie, un coût du logement, des temps de transport ou encore un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le territoire fait désormais partie intégrante de la proposition employeur.

Une question se pose alors aux hiring managers : votre stratégie de recrutement est-elle construite autour de l’emplacement de votre entreprise… ou autour des bassins où se trouvent réellement les talents que vous recherchez ?


Points clés

  • Les bassins de talents ne coïncident plus toujours avec les bassins d’emploi.
  • L’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes concentrent à elles seules une part majeure des candidats actifs, selon le Baromètre Mobilité 2026 de Hellowork.
  • Dans certaines régions, plus de trois candidats sur quatre recherchent un emploi en dehors de leur territoire.
  • Lorsque les recrutements se tendent, élargir son sourcing au-delà de son bassin d’emploi permet d’accéder à de nouveaux viviers de candidats.
  • Le territoire devient un élément à part entière de la proposition employeur.

Conclusion

La géographie du recrutement a changé.

Pendant longtemps, les entreprises ont construit leur stratégie de recrutement autour de leur implantation. Les données montrent qu’il devient plus pertinent de la construire autour des bassins où se trouvent réellement les talents.

Les candidats ne cherchent plus uniquement un emploi près de chez eux : ils recherchent un équilibre entre carrière, qualité de vie et perspectives personnelles.

Les entreprises qui continueront à recruter uniquement autour de leur implantation risquent de passer à côté d’une partie de leur marché de candidats.

La prochaine embauche réussie ne viendra peut-être pas de la ville voisine. Elle viendra peut-être de 500 kilomètres… à condition d’aller la chercher là où elle se trouve.


FAQ

Quelles régions attirent le plus les candidats en 2026 ?

L’Île-de-France arrive en tête avec 31 % des recherches d’emploi, suivie de l’Auvergne-Rhône-Alpes (20 %). Ensemble, ces deux régions concentrent près de la moitié des candidats actifs.

Les candidats sont-ils prêts à déménager pour un poste ?

Oui, mais leur décision ne repose plus uniquement sur l’opportunité professionnelle. Ils prennent également en compte le coût de la vie, les transports, le logement ou encore l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le choix d’un employeur est de plus en plus lié au choix d’un territoire.

Faut-il continuer à recruter uniquement dans sa région ?

Pas nécessairement. Lorsqu’un recrutement devient difficile, élargir le périmètre de recherche peut permettre d’accéder à des viviers de candidats plus importants. Encore faut-il adapter son discours de recrutement et mettre en valeur ce que le territoire offre au-delà du poste lui-même.

Antoine Gigomas

Antoine Gigomas

Antoine est le fondateur de Muzzo, la plateforme n°1 pour la chasse de têtes en France.

Avant Muzzo, il dirigeait les équipes de recrutement pour le Groupe Theodo. Son challenge de l’époque : recruter plus de 150 profils tech, commerciaux et C-level par an !

Cette expérience le pousse ensuite à créer Muzzo avec un objectif clair : réduire drastiquement les délais pour trouver et recruter le profil idéal.

Issu d'une formation littéraire et diplômé de l’ESCP Business School, Antoine s’est donné une mission : aider les entreprises à évoluer plus rapidement en accélérant leurs recrutements stratégiques.

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